07/09/17 - Exclamation
J'ai remarqué que j'utilise beaucoup trop de points d'exclamation depuis hier. Et je dis des choses hors de toute raison. Je pense que c'est le sentiment d'être confronté de force à une réalité réglée par l'irréel.
Maintenant que je suis un peu reposé, ou plutôt calmé (ce qui n'était pas le cas ce matin), je peux faire ce constat : mon "humeur" (ce que je nomme ainsi) a changé. Un peu comme sur Twitter. D'où pourquoi je dis n'importe quoi.
J'ai besoin de calme, de solitude, et de contrôle.
Même dans la salle de l'échographie je suspectais tout le monde d'en être. Dans la salle d'attente : Monsieur Roche, Madame Gaugin, il y en avait d'autres aux noms très signifiants. J'ai même mangé un carambar sur la route dans lequel il y avait une blague sur un escargot. Un escargot croise une limace et lui dit : quelle belle décapotable. Quelques choses dans le genre.
Je nomme ça : nœud à coïncidences. Quand dans un moment et un lieu, des facteurs se réunissent pour créer une dynamique sensée nous happer dans une direction. Ce qu'il faut, c'est dire non.
Ce qui m'épuise c'est que je suis constamment happé vers une multitude de directions, et parfois par plusieurs en même temps. L'exclamation marque le moment de la tentation, le moment ou l'esprit est déjà absorbé et le corps encore présent. On ne souffre pas vraiment, on est juste plus en soit même, on est ailleur. On devient débile. On se fait voler notre intelligence. Comme si notre esprit était à des kilomètres, chez un coupable, relié à nous par une fil, et que le seul moyen de le ramener en nous était de dire non, plusieurs fois, à tout.
Le calme et la solitude c'est, associé à la laideur et la pauvreté, un moyen d'être autant repoussé qu'attiré. Et donc, de contrôler son mouvement, par les dynamiques contraires. Stable, le contexte dans lequel on est devient sein.
L'exclamation vient lorsque je sens impérativement la nécessité de dire non. Non à l'Homme, oui au monde.
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