13/10/17 - J'ai roulé 1828 kilomètres
Je suis partis hier soir de Laval avec la ferme idée de me rendre du côté de Clermont-Ferrand, pas dans la ville, autour. Je voulais essayer de faire quelques chemins de randonné dans ce coin, pour voir à quoi ressemblait le paysage, par là-bas. Je me disais que j'y verrais de la végétation nouvelle, des territoires nouveaux, et que tout ça ça pourrait avoir l'intérêt de me permettre de trouver mes limites et aussi d'inonder la marche d'intérêts autres, imprévisibles, liés au lieu, que je ne pourrais pas prévoir sans y avoir mis les pieds (mon côté dans le présent, qui planifie rien).
D'après mes calculs, j'aurais dû
faire 600 km aller, 600 kilomètres retour, et j'aurais cumulé 1200
kilomètres, soit un record personnel auquel j'aurais associé mes
randonnées et la découverte d'un territoire.
Je crois que je suis partis de Laval
vers 22heures, ou 20 heures, je sais plus. C'était le 10 octobre.
J'ai été vite fait voir si on avait pas vu ma montre, je la
voulais, au cas où mon smartphone me lâchait en route, j'aurais eu
l'heure sur moi. Mais ne la trouvant pas, je suis partis sans.
Je fais le plein du réservoir, et
c'est parti, direction Tours. Je devais suivre les grandes directions
: La Flèche, Tours, Châteauroux, Montluçon, et commencer à passer
à l'échelle microscopique à l'approche de Clermont-Ferrand, pour
viser le lieu de ma première rando.
Ca fait à peine 200 kilomètres que je
roule, peut-être moins, que en plein dans une ville, je sais plus
laquelle. Elle est traversé par deux rivières. J'ai mon coffre qui
s'ouvre. Dans ma tête je me dis : "ça y est, retour au
bercail, vlà le coffre qu'a pété !". Ca faisait un moment
qu'il tremblotait, il y a eu réparation, mais là il était grand
ouvert. Je m'arrête, je regarde. Il y avait la partie voiture du
verrou qu'était restée accrochée à la partie portière du coffre
! Donc, plus moyen de fermer quoi que ce soit. Je me demande si peux
pas le poser et le laisser sans qu'il soit fermé, mais c'est
impossible, il y a les espèces de vérins latéraux qui le
remontent tout le temps. J'ai décroché la partie voiture, j'ai
regardé, et en fait c'est les visses qu'ont toutes sautés. Ce que
j'ai fait c'est que j'ai pris les lacets de ma chaussure de sécurité,
j'ai attaché la partie voiture avec, j'ai refermé le coffre, et ça
tenait nickel. Je me suis dis que j'allais pas faire demi tour pour
si peu, et que ça tiendrait bien jusqu'à mon retour.
À l'approche de Châteauroux, voyant
qu'il faisait nuit, je me suis dit qu'il valait mieux dormir. Je me
disais qu'une nuit avant Châteauroux ça permettait de tester ma
couchette improvisée, de voir si la porte du coffre allait tenir, de
vérifier les conditions de sommeil dans le véhicule, et surtout de
pouvoir faire demi tour si vraiment il y a quelque chose qui n'allait
pas. On est jamais à l'abri de quelque chose qu'on a pas prévu. Je
cherche une air de repos, je ne trouve que des parkings latéraux
pour camions. Ca pourrait faire l'affaire, mais pour éviter bruit et
lumière de phrases, j'ai préféré m'enfoncer un tout petit peu
dans une zone pavillonnaire ou je me suis garé et j'ai dormis.
Au réveil, 6 heures plus tard, les
vitres de la voiture étaient couvertes de buée, la couette
légèrement humide, mais il ne faisait pas très froid. Là j'ai
pensé que la question humidité allait être le seul problème,
qu'il allait certainement falloir tout passer à la machine au
retour. Donc, pour éviter que l'humidité stagne, j'ai allumé le
chauffage à fond, et essayé de ventiler un maximum, en me disant
qu'on pouvait peut-être faire en sorte que ça soit moins pire. Ca a
semblé marcher à peu prêt. Quand toute l'humidité s'en est allée,
j'ai repris ma route.
Au niveau de Tours j'ai refais le
plein, par sécurité. En bourrant bien le réservoir, j'ai constaté
que j'avais claqué 15 euros de diesel. D'après mes calculs,
faudrait compter 150 euros max de diesel pour l'aller-retour.
Alors, me revoilà parti, mais cette
fois, pas de pause prévue. Donc je roule. Je ne fais que 2 ou 3
petits arrêts dont le plus long dure 10 minutes. Un arrêt notamment
offrait une vue sur les ruines d'un château, le château rocher.
J'étais dans la creuze, ça faisait un moment que je voyais des
indications de châteaux, je voyais des ruines sortir des massif
forestiers qui couvraient les monts qui constituaient le paysage,
donc je suis tombé sur celui-ci.
Il y avait une semie-remorque qui était
là, rideaux tirés, le chauffeur devait dormir. Un petit rocher haut
de 2 mètres était placé là, je suis monté dessus pour voir les
ruines du château, j'ai hésité à aller voir si on pouvait le
visiter. Je me suis dit que des ruines ça devait être en libre
accès, mais sur internet ça parlait de guide, ça m'a refroidit,
donc j'ai repris la route.
Juste avant, j'ai suivis le circuit
George Sand, il y avait un panneau qui l'indiquait, je me suis dit
que fallait pas louper l'occasion. Le circuit se trouve avant Châtre,
quand on vient de Laval. On passe à côté du château d'Ars
(fermé). On passe devant la ferme : la pucellerie. Il y a aussi la
ferme : la roche. Et pour finir on a une sorte d'immense bâtiment,
haut. Je sais pas ce que c'est. Je pense que c'est peut-être chez
Sand, non ? J'ai été surpris, je me suis dit que si c'était là
que Chopin passait du temps, le paysage devait pas ressembler à ça.
Ca a tout sauf l'air romantique. Les châteaux sont des forteresses
gardée de raffinement encerclées par une économie agroalimentaire
qui semble ne pas apprécier les haies.
En tout cas, je n'ai rien été voir en
particulier, j'ai survolé totu ça et j'ai repris la direction de
Châtre. Je suis passé par Culan, et quelques villes aux noms très
évocateurs. Je me suis demandé comment c'était possible, tout ça,
puis je me suis dit qu'on répondra à la question un autre jour et
j'ai poursuivi.
Quand j'ai eu passé Monluçon, j'ai
allumé le GPS et je me suis laissé faire. Non parce que là, de
toute façons, j'avais plus les cartes pour me guider, je pouvais me
fier qu'à l'électronique. J'ai demandé Fayet-Le-Château, pressé
de pouvoir crapahuter.
La connexion internet se fait
difficile, comme toujours. A chaque rando, 4G et GPS arrêtent de
fonctionner. Je me gare, c'est un joli coin paisible, il y a deux
tracteurs qui font des aller-retour dans le bourg avec des bennes
pleine de maïs, un vieux en pantalon tissu et bretelles qui passe la
tondeuse devant chez lui et personne d'autre. Beaucoup de maisons
semblent habités, fenêtres ouvertes ou portes, mais on entend pas
un chat. C'est un beau coin. On a des monuments de la guerre sur la
place du village, une petite mairie, une croix en pierre, je crois
pas avoir vu d'église, mais il doit y en avoir une, forcément. Je
traverse le borig à pied jusque sur le lieu ou je dois marcher.
Je fais ma rando ...
Je remonte dans la voiture, vu l'heure,
il va pas tarder à faire nuit, je serai jamais à temps à mon
deusième lieu de marche. Je me goinfre, je bois, et j'essaye de me
rendre au col des Supeyres. Le GPS ne connait pas les cols, je lui
donne donc les coordonnées GPS 45° 35' 33'' Nord, 3° 50'45'' Est.
Apprement ça lui convient, il me donne la route à suivre.
Jusque ici, le paysage était montueux,
mais là l'altitude augmentait, la différence entre le fond des
vallées et les pics se faisait de plus en plus importantes. Les
arbres commençaient à faire jeu égal avec les sapins, pour, parfois
disparaitre totalement au profit de vastes étendues sapineuses. Mon
GPS m'amenait devant une route, la D106, qui mène au Col du
Supeyres. La route monte et à son commencement un panneau : Route
barrée à 4 kilomètres. Je me dégonfle pas, j'y vais. Avec un peu
de chance ... ce sera ouvert, non ? C'est une route tout en courbe,
qui longe le flanc de la colline (on dit colline dans ces cas là ?),
le genre qu'on peut faire en Rally. Avec de petits murets parfois,
presque que des sapins, parfois immenses. Et je tombe sur un
tracteur, deux bucherons, ils étaient en train d'arracher des sapins
sur le bord de la route. Ils se garent, je passe, et plus haut, je
tombe sur un barrage en plastique rouge et blanc. Donc, demi-tour. Je
redescend, en faisant une pause au milieu pour profiter du paysage.
Je regarde ma carte, j'étais en Rhône-Alpes. Rhône- Alpes ! En
fait, les Alpes, j'avais l'orteil dedans en me faufilant dans leur
région. Ca expliquait donc le paysage.
J'ai repris la route pour aller trouver
une station essence, je sentais que le pic allait pas être proche,
j'allais devoir tenter le grand tour, pour rejoindre la D106 par
l'autre côté. Je retourne d'où je viens, je vais à la station
essence de la ville d'Ambert, 17euros 97, réservoir plein à
craquer, et je pars. Ce coin là on y voit quelques hippies. J'y ai
vu un vieux anorexique en manteau michelin crâde sur son vélo. Il y
a des jeunes dans les cafés, mais partout ailleurs, il y a pas
foule.
Dans quelques villages, on trouve des
employés de l'extérieurs qui semblent fermer les volets de la
ville. C'est les derniers qui sont encore dehors. Ils regardent les
véhicules étrangers avec intérogation. Tu sens qu'ils doivent
connaitre tout le monde dans le coin.
Moi, je repasse devant la mauvaise
entrée sur la D106, je la dépasse et je vais vers l'Ouest, pour
contourner le pic par le Nord, et remonter vers le Nord-Est. Le
paysage est à tomber. Des petites maison en pierres, des petits
chiens, des poules, des mini bourgs, au bout d'un moment j'ai fondu,
je me suis arrêté dans un coin en me disant que je trouverais
jamais mieux pour dormir. J'étais au beau milieu d'une forêt de
sapins, exposé aux prédateurs, seul.
Je vais sur ma couchette, je pianote un
peu mon smartphone, et je dors. Juste avant de dormir je vois passer
quelques dernières jeep. Semblables à celle qu'avaient les
bucherons de la route barré, je me dis alors que les habitants des
maisons en pierre devaient certainement bosser dans l'industrie du
bois. Et que ces jeep appartenaient à des forestiers.
La nuit, je me réveille. Je regarde
par la fenêtre de la voiture, allongé. Dans le ciel il y a des
étoiles et des sommets de sapins. Je me dis que c'est beau, que ça
fait un peu compte de noël.
Par sécurité je clave toujours toutes
les portes, donc je ne crains rien. Mais après avoir regardé le
ciel, par paranoïa, j'ai voulu vérifier le sol. On sait, jamais.
Par terre, dans le noir, il y avait une masse volumineuse, plus
sombre que le reste. Je me suis dit que le sol est étrange.
J'éclaire avec la lumière de mon smartphone, et la masse part en
courant. J'ai rien vu, on y voyait rien, juste deux yeux lumineux
dans le noir qui regardaient et qui ont disparus. J'ai pensé que ça
pouvait être un renard. Ca m'a pas plus inquiété que ça, et je me
suis recouché.
8 heures plus tard, je suis réveillé.
j'ai allumé le chauffage dans la voiture, j'ai bu, mangé, je peux
repartir. Il fait encore sombre, mais le jour devrait pas tarder. Je
me lance.
Je fais attention à un problème qui a
commencé depuis un moment déjà : à la température du moteur.
Lorsque j'étais encore dans la Creuze, déjà j'avais sentis une
odeur de cramé, et j'avais vu l'indicateur de température monter.
Je savais que fallait faire attention. Les habitants du coin ont en
majorité des Jeap et des vieilles Mercedes. Je pense que c'est lié
au problème de chauffe des moteurs. Donc je fais attention, en
descente, je mettais le point mort en me disant que ça allait faire
baisser la température. Ca marchait, jusqu'à ce qu'une deuxième
odeur de crame débarque : les freins ! Ah bah on est pas sorti
d'affaire ! Soit c'est le moteur, soit c'est les freins. Donc au
final j'ai préféré faire chauffer le moteur et essayé de pas trop
accélérer, en gardant un œil sur la température. Passé 90°C ça
sent systématiquement le brûlé. Donc, je fleurtais avec les 80°C.
Quand on approche du col des Supeyres,
on est sur une route en lacets, et le paysage, parfois fait penser au
seigneur des anneaux. C'est là qu'il aurait dû faire son film
l'autre ! C'est beaucoup plus crédible ! Le pays des Hobbits c'est
par là-bas qu'il fallait le faire !
J'ai croisé une machine qui coupait
des sapins, deux bonshommes sur une tourelle en bois avec des longues
vues, et je suis arrivé à ma destination. Sur place, il y avait des
techniciens qui tournaient autour d'une antenne et d'un panneau
photovoltaïque. C'est dingue, on dirait qu'ils bossent tous dans les
infrastructures et la foret !
J'ai fais ma rando ...
J'ai regardé mes vivres, il restait
plus grand chose. Je me disais qu'un effort physique sans manger quoi
que ce soit ça allait être compliqué. J'ai donc été contraint
d'écourter mes randonnées.
Je me suis souvenu qu'on était en
Rhône Alpes, qu'on était pas loin de Lyon, et je me suis dit qu'un
passage rapide à Lyon ça pouvait peut-être compenser mon
renoncement à faire toutes les randos. J'ai donc été à Lyon.
Juste en quittant le col, j'ai croisé une fille, à côté de sa
voiture, seule. Elle avait son petite équipement de randonné
moulant, son petit sac à dos au centre du dos, elle regardait un
panneau d'indication d'un chemin à suivre. Je me suis dit : "ah
la connasse ! Elle en est !" avant de me dire que ça paraitrait
un peu inexplicable si c'était le cas, parce que le col est pas
facilement accessible, et le temps de réagir à ma décision de m'y
rendre, ils auraient jamais pu faire toute la seule route qui y mène.
En approchant de Lyon, le paysage
devient désagréable. Tout est sec, poussiéreux, on a aucun plaisir
à être dehors. Les voitures polluent 100 fois plus. Ca sent les
pots d'échappement. Les bâtiments semblent à peine en mesure de
nous protéger de cette nature pas fameuse. J'aime pas, disons les
choses.
Et puis j'arrive à Lyon. J'y ai vu une
entrée de tunnel qui ressemble pour beaucoup à l'entrée de tunnel
de BGE. Je me suis demandé si c'était pas celle-ci qui avait
inspiré les designers du jeu. Elle est vraiment stylé, la meilleur
entrée de tunnel que j'ai jamais vu (je suis sérieux). Au dessus on
a un bâtiment. Elle est vraiment bien. Puis mon GPS m'a trainé dans
un coin à gens exotiques. Le drame ...
J'arrive dans une rue. Une camionnette
arrêtée, à sa fenêtre un bougnoulier qui lui parle, et devant la
camionnette, une clio grise posée là, en diagonale, portière
ouverte. Déjà, je me sis dit : "ça pue !". Je les
dépasse. J'arrive à un feu rouge, en bout de rue, à 100 mètres
d'eux. Le feu passe au vert, je vais à droite. Il me dépasse par la
gauche, me coupe le nez delà voiture et va dans ma rue. Il s'arrête
en diagonale devant moi. Il ouvre sa fenêtre. Je me dis : "hé
voilà ! Ça tombe sur ma gueule !". Une autre voiture en sens
inverse passe, fenêtre ouverte, ils s'engueulent, et il se barre. Je
me dis : "va falloir prendre une autre rue que lui, au prochain
carrefour, on est tombé sur un fou furieux là !". Le mec il se
croit dans GTA en fait. Je sais même pas si il a le permis.
Je me casse le plus vite possible, et
je tombe sur des coins un peu plus riche. J'ai vu que là-bas il y
avait une population negwe bobo. J'ai vu un negwe en mode branché.
J'ai vu un negwe à rasta, médaille en or, au volant de sa Merco.
J'ai vu une negwesse dans le genre BGE2. L'architecture des bâtiments
m'a beaucoup fait pensé à BGE en fait. Je me demande si BGE c'est
pas juste directement inspiré de Lyon.
Dans le centre ville tu trouves de très
jolies filles, des beaux mecs, et tu comprends que Lyon, comme Paris,
c'est le ghetto et les quartiers chics.
Je pense que le Lyon riche doit être
intéressant à fréquenter. C'est tout un monde. C'est autre chose.
Là-bas, il y a plus de riches exotiques, j'ai l'impression, qu'à
Paris. Paris c'est vraiment ethniquement divisé. Les très riches y
sont tous blancs. Donc, la mentalité gauchiste de BGE, elle doit
venir de Lyon. Je pense que c'est des gros Lyonnais les gens qui
bossent pour Ubisoft.
Je me suis pas éternisé à Lyon, je
me suis dit que je voulais passer par Strasbourg avant de revenir à
Laval. J'étais curieux de voir à quoi ressemblait le côté Est de
la France. C'est vrai quoi, je crois pas y être déjà passé. À
quoi ça ressemble le paysage, les maisons, tout ça ?
Et bien ça ressemble à la couverture
d'un livre de cuisine du terroir préfacé par Maïté. Je pense que
c'est la légère touche roussâtre sur le massif vert qui ajoute à
ce que je dis. On dirait la Mayenne, mais qu'on aurait étiré sur le
large. Les montées sur plus douces, les descentes aussi. Et quand on
est en haut d'une montée, on a la vue sur un vaste paysage.
La route entre Lyon et Strasbourg est
une mine à radars. Celui qui ne se fait pas flasher, sur toute la
longueur, je dis chapeau bas. J'ai été flashé une fois, je crois.
J'ai vu le flash. Et d'autres fois peut-être, mais je n'ai rien vu.
On passe par des routes limitée à 80 et 60 km/h. Je sais pas si
c'est pour coller avec les pays voisins, qui sont juste derrière la
frontière, ou si c'est une fantaisie des administrations du secteur.
Je me suis arrêté pour remettre de
l'essence, je sais plus où, pour je sais plus combien. Je me suis
fais aborder par une blonde, de ma taille, fine, voix de fumeuse :
"excusez moi m'sieu, il me manquerait 1 euros 60 pour aller en
magasin, vous les auriez pas ?". Je détourne la tête, je
termine de me servir. Elle a l'air un peu gênée que je lui tourne
le dos. "vous les avez pas ?" elle rajoute. "j'ai
rien" je lui dis. Elle s'en va demander à une autre voiture.
J'ai pensé qu'elle était peut-être une p., non ? Elle a le
physique, elle est très bien. Une 7/10, parce que droguée, mais
bien soignée, et éduquée, c'est une 8 ou 9/10. De toutes façons,
j'avais pas de pognon, j'étais crade, on allait pas faire des choses
... ça c'est clair.
Bref ! Les bourgs ne semblent rien nous
dire de ce qu'ils cachent. On dirait vraiment des préfaces de
livres. On se dit qu'il faudrait aller taper à la porte d'une maison
typique pour comprendre un peu à quoi on a affaire. Les toits sont
marrons, beigatres foncés, violets-gris, et parfois carrément
violets pétants. Une église notamment qui avait un toit violet. Moi
qui adore la couleur violette, j'étais aux anges. Sublime ! (bon là,
c'est hyper subjectif).
J'ai suivi donc : Bourg-en-Bresse ->
Besançon -> Belfort. Mais avant, Belfort, à Vesoul, j'ai
abandonné l'idée de rejoindre Strasbourg. Je n'avais plus rien du
tout à manger. Il allait falloir que je fasse 1200 kilomètre en
tout, alors qu'un retour à Laval m'en demanderait 750. J'ai pris la
décision la plus raisonnable, j'ai décidé de rentrer. Je ne me
souviens de Vesoul que d'une chose : il y avait le sommet d'une
église, en haut d'un mont couvert de forêt, au pied duquel se trouvait toute la ville, immense.
De Vesoul à Laval, je en faisais
presque plus attention à ma vitesse. La fatigue sûrement. Et j'ai
sûrement au à passer devant des radars fourbes. Le genre qui
intervient juste après une limitation de vitesse réduite. Il n'y
avait que ça. 110km/h pendant 10 minutes, panneau 90, radar. T'es
tellement habitué à rouler à 110, que t'as pas forcément le
réflexe de ralentir rapidement.
Là, j'ai vu des choses intéressantes
aussi, mais je me suis d'avantage concentré sur ma destination, il
était plus question que de rentrer. Je voyais mon GPS, que j'avais
décidé à me guider, indiquer 550km. Je roulais une plombe, il
était rendu à 535km. Je reroulais une plombe, 515km. Pour finir
j'ai compris que j'allais pas pouvoir tout faire d'une traite. Il
allait falloir s'arrêter. Quand la nuit est tombée, la visibilité
étaient très mauvaise, j'ai manqué une fois de sortir de route,
enfin j'aurais pas pu le faire, mais je me suis fais une frayeur.
Donc, j'ai décidé de m'arrêter sur une air de repos, au milieu de
6 ou 7 camions qui dormaient là, j'ai j'ai piqué mon roupillon. 8
heures de sommeil.
A mon réveil, il fait nuit, quelques
camions sont partis. Je me remets au volant, j'ai plus rien à
bouffer. Je cherche un station essence. J'en trouve une à
Fère-Champenoise, 27 euros 85, plein à ras bord. Et là je pars
pour de bon. Plus de 400km !
Je suis finalement revenu à la maison
pour 14 heures passées. J'ai fais 1828 km en 2 jours et demie.
Ce que je retiens de cette excursion,
c'est que le système de couchage est perfectible. Il est
confortable, on y dort bien, mais supporte mal l'humidité. La
bouffe, il en faut plus, plus riche. Les fringues, penser à en
prendre pleins de rechange. Et l'hygiène, faut trouver une solution,
parce que ça devient vite intolérable. Mis à part l'organisation
matérielle, je dirais qu'on a pas tant de temps que ça. Rouler d'un
point à un autre pour faire ce qu'on veut dire, au final c'est
juste. Le temps passe très vite. Ces 2 jours et demie, j'ai
l'impression qu'ils ont duré une demie journée.
A quand la prochaine ? Quand j'aurais
du pognon ! Et si on m'a pas enlevé le permis d'ici-là en même
temps qu'on m'aura vidé mon compte bancaire à coup d'amandes.








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